Discours de Gabriel Amard prononcé le jeudi 2 avril 2026 à 18h00 lors du meeting international contre la guerre à Vénissieux.
Camarades, citoyennes, citoyens,
Ce soir, je vous parle avec gravité.
Parce que cette nuit encore, depuis Washington, Donald Trump a essayé de parler au monde. Il a essayé.
Mais ses mots ne sont pas neutres.
Ils pèsent. Ils menacent. Ils organisent.
Ils dessinent un monde de domination, de rapports de force, un monde où la loi du plus fort remplace le droit des peuples.
Et pendant que ces puissants parlent… les peuples, eux, meurent.
À Gaza. Au Liban.
En Cisjordanie. Au Soudan.
En Ukraine. En Iran.
Des enfants. Des familles.
Des vies entières balayées.
Alors ce soir, je veux que nous prenions un instant. Un instant pour ressentir.
Un instant pour refuser que l’horreur devienne une habitude.
Parce que le plus grand danger, ce n’est pas seulement la guerre.
C’est de s’y habituer. Oui, le monde bascule.
Comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon, nous entrons dans une ère d’affrontement des suprémacismes.
Un suprémacisme économique, militaire, technologique. Un suprémacisme qui décide qui a le droit de vivre… et qui peut être sacrifié.
Et Trump en est aujourd’hui l’un des visages les plus brutaux.
Quand il parle de blocus, ce sont des peuples qu’on affame.
Quand il parle d’influence, ce sont des nations qu’on écrase.
Quand il parle de puissance, ce sont des vies qu’on détruit.
Regardez Cuba.
Regardez le Venezuela, où même le président Nicolás Maduro est kidnappé.
Regardez le Groenland menacé. Regardez Caracas frappée.
Ce monde-là n’est pas un accident. Il est organisé.
Alors je vous le dis au nom du peuple qui ne se résigne pas et qui nous a confié le rôle de le représenter.
Aucune guerre n’est inéluctable. Aucune.
La guerre est une décision politique.
Et la paix doit redevenir une décision politique.
Nous refusons les “guerres préventives”. Nous refusons les logiques d’escalade.
Nous refusons que le droit international soit piétiné.
Et à Gaza, pour vous, je le dis clairement :
Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide.
Et vous pouvez compter sur les députés insoumises et insoumis pour combattre l’examen de l’odieuse loi de la désormais trop célèbre Caroline Yadan.
Je le dis de cette tribune d’aucune manière l’antisémitisme ne peut et ne doit se confondre avec la critique du projet politique sioniste et suprématiste du gouvernement Netanyahu.
Mais pour être à la hauteur de l’Histoire qui s’avance, il faut aller plus loin. Car la guerre ne tombe pas du ciel.
Comme le disait Jean Jaurès :
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. » Tout est là.
Un système qui exploite.
Un système qui met en concurrence.
Un système qui transforme les peuples en variables d’ajustement.
Un système qui fait du business avec le vivant, le commun du vivant, l’eau, l’air, au point même que même ce soir on en oublie de faire la promotion de l’eau de la régie publique de la Métropole de Lyon à cette tribune.
Ce système produit la guerre comme il produit les inégalités.
Et aujourd’hui encore, les marchands d’armes s’enrichissent pendant que les peuples enterrent leurs morts.
Anatole France l’écrivait déjà :
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. » Plus d’un siècle a passé. Et rien n’a changé.
Alors notre responsabilité est immense.
Défendre la paix, ce n’est pas seulement dire non à la guerre.
C’est s’attaquer à ses causes.
C’est refuser un ordre du monde fondé sur la domination. C’est construire un autre chemin.
Un chemin de diplomatie. Un chemin de coopération.
Un chemin de non-alignement.
Et malgré tout… oui, malgré tout… Je veux vous parler d’espoir.
Pas un espoir naïf.
Pas un espoir qui attend.
Un espoir qui lutte.
Parce que partout, des femmes et des hommes refusent. Refusent la haine.
Refusent la fatalité.
Refusent de se taire.
Et c’est cela qui tient encore debout le monde.
Alors organisons-nous.
Pas demain.
Maintenant.
Autant dire que pour nous en France, l’élection présidentielle qui s’avance est le rendez-vous incontournable. Il nous faut l’emporter pour que la France parle au monde et retrouve son indépendance pour fédérer les peuples non alignés avec la langue de la diplomatie et de la paix.
Pour que la paix ne soit pas un mot… mais une force.
Pour que les peuples reprennent la main.
Pour que plus jamais les intérêts de quelques-uns ne décident du destin de tous.
Que vive la paix.
Que vive la République universelle.
Que vive la France non-alignée.
À bas la guerre.

