Le journal "Le Populaire" N°6

Être député n’est pas, à mes yeux, une fonction lointaine ou abstraite. C’est une responsabilité quotidienne : rendre des comptes, écouter, agir, et ne jamais perdre de vue celles et ceux au nom de qui l’on s’exprime. Ce numéro du Populaire est l’occasion de revenir sur un mandat exercé dans cette exigence : relier l’Assemblée nationale à la vie réelle, ici, dans notre bassin de vie, à Villeurbanne.

Ces quinze derniers mois, j’ai tenu 24 rencontres de quartiers. 24 moments d’échange direct, sans filtre, pour entendre les difficultés, les colères, mais aussi l’intelligence collective et les propositions. Ce travail de terrain n’est pas un supplément d’âme : il est la condition pour comprendre les effets concrets des politiques nationales. Quand les budgets fragilisent les communes, quand les services publics reculent, ce sont d’abord les quartiers populaires qui encaissent.

À l’Assemblée nationale, j’ai assumé un mandat de combat. Interpeller le gouvernement, contrôler ses choix, proposer des alternatives. J’ai porté la reconnaissance du droit à l’eau et à l’assainissement de qualité comme droit fondamental au niveau européen, parce que l’eau est un commun du vivant et non une marchandise. J’ai combattu des budgets qui organisent l’austérité sociale, affaiblissent l’hôpital public, la Sécurité sociale et étranglent les collectivités. J’ai pris part aux victoires arrachées lors de notre niche parlementaire, démontrant qu’il est possible, même minoritaires, d’imposer des débats et parfois de gagner.

Être député, c’est aussi tenir la mémoire et refuser la banalisation de la haine. Lorsque la plaque des Justes de Villeurbanne a été profanée, j’ai rappelé que la République ne transige jamais avec ce qu’elle a de plus précieux : le courage ordinaire face à la barbarie. La mémoire n’est pas un regard vers le passé : elle est un rempart pour l’avenir.

Enfin, je n’ai jamais dissocié le local de l’international. Pour la Palestine, comme pour l’Ukraine ou le Venezuela, je défends une ligne constante : condamnation de tous les crimes contre les civils, exigence d’un cessez-le-feu, respect du droit international sans exception. La justice n’est pas à géométrie variable.
Il y a quarante ans, j’entrais dans une permanence parlementaire celle de Jean-Luc Mélenchon pour dire que la jeunesse refusait la sélection à l’université et la marchandisation des savoirs. Ce combat est toujours d’actualité. Comme l’écrivait Jean-Luc Mélenchon : « Le peuple n’est pas un décor de la politique. Il en est le sujet. » (L’Ère du peuple, 2014). C’est cette conviction qui guide mon mandat, et qui continuera de l’animer.

GABRIEL AMARD
Député du Rhône
À Villeurbanne

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