On ne négocie pas avec le climat. On ne reporte pas une canicule, on ne suspend pas une sécheresse, on ne vote pas contre une inondation.
Mais nous pouvons protéger les populations. Et cette décision est politique, donc budgétaire.
Depuis 2011, les plans nationaux d’adaptation se succèdent. Les ambitions s’affichent, mais les moyens ne suivent pas.
Le troisième plan, publié en mars 2025, l’illustre : 600 millions d’euros annoncés, essentiellement issus de redéploiements budgétaires, tandis que le Fonds vert subit des coupes considérables.
On ne peut prétendre préparer la France aux bouleversements climatiques en privant les communes des moyens d’y faire face !
Qui protège les habitants des inondations ? Qui adapte nos écoles aux canicules ? Qui préserve nos ressources en eau ?
Nos communes et nos intercommunalités !
Ancien maire, je connais ces arbitrages impossibles entre des urgences toutes légitimes.
L’inaction climatique est une dette imposée aux générations futures.
Une dette financière, car réparer coûtera davantage que prévenir. Une dette sociale, car les plus modestes seront les premiers frappés. Une dette écologique, car certaines destructions seront irréversibles.
Cette proposition de loi inscrit, avec son article 1er, l’adaptation dans le code de l’environnement. C’est une avancée.
Mais que vaut une planification sans financement ? Une obligation sans moyens ?
La France a besoin d’une programmation pluriannuelle, de ressources garanties, pas seulement d’un régime assurantiel.
Demain, des écorégions organisées autour des bassins versants permettront une véritable planification écologique.
Le budget d’une nation ne dit pas seulement ce qu’elle dépense. Il révèle ce qu’elle choisit de protéger.
Choisissons de protéger le peuple de France plutôt que de lui présenter demain la facture de notre inaction.
